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Jan 27 2018

La paix des belligérants dans le Pool

Les conclusions des travaux de la commission ad hoc paritaire rendues publiques le 20 janvier 2018 par le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou font hurler dans les chaumières, notamment la veuve et l’orphelin. Le landernau politique du Congo-Brazzaville est sans voix. Les leaders politiques ont perdu la langue. Le communiqué de Jean-Luc Malékat, organisateur du colloque de Nice « Nouveau Temps, Nouvelle vision », publié le 22 janvier 2018 est l’exception qui confirme la règle.

Des absences sans sens

Où sont passés les Mathias Dzon, Claudine Munari Mabondzo, Clément Miérassa, Guy Brice Parfait Kolelas, Guy Romain Kinfoussia, Jean Itadi, Serge Blanchard Oba, Christophe Moukouéké, Charles Zacharie Bowao, Tamba Tamba …

Que pensent-ils de cet accord paritaire qui consacre l’impunité et banalise les tueries dans le Pool ?

Quelle est la réaction du chef de l’opposition, Pascal Tsaty Mabiala ?

Claude Alphonse Nsilou et Joachim Banza, candidat à la députation dans la circonscription de Mbanza Ndounga, se murent dans le silence. Bernard Tchibambeléla et Théodorine Kolelas, députés du Pool sont aphones. Le député de Kindamba, Isidore Mvouba, a juste maugréé que le Pool était victime du messianisme politico-religieux oubliant d’indexer Sassou Nguesso comme le grand responsable du drame de la région du Pool. Aimé Emmanuel Yoka, député de Vinza, est aux abonnés absents. Il est surprenant que les émissaires triés sur le volet de l’ancien commissaire du gouvernement chargé de la réparation des séquelles de guerre n’aient pas posé sur la table des négociations la question de l’indemnisation des victimes et la construction des villages détruits par les miliciens cobras de Sassou Nguesso.

Echappée solitaire de Ntoumi

Comment expliquer cette omission ? Y avait-il des sujets tabous qu’il ne fallait pas aborder ? Dans un article prémonitoire, Patrick Césaire Miakassissa avait alerté sur le danger de l’échappée solitaire de Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi. Les négociations étaient-elles circonscrites à certaines questions et pas à d’autres ? Quels sont les commentaires et les réactions de Massengo Tiassé et Gaston Nitou Samba qui étaient tombés à bras raccourci sur Gustave Ntondo qui n’avait pas soumis au Pasteur Mtoumi les conclusions avant leur publication ? Alors, cette fois-ci, le Pasteur Mtoumi a-t-il lu et corrigé les conclusions de la commission ad hoc avant qu’elles soient rendues publiques par Raymond Zéphirin Mboulou ? Pourquoi se terre-t-il dans le mutisme ? Franck Euloge Mpassi, Ané Philippe Bibi, Gustave Ntondo, Massengo Tiassé, Gaston Nitou Samba se satisfont-ils du rôle d’ambassadeur de Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi de ces accords auprès des ninjas/nsiloulous et des populations du Pool ? Tout ça pour ça. Un nouveau job qui rappelle la fonction de commissaire du gouvernement chargé de la réparation des séquelles de guerre.

En dehors de la levée du mandat d’arrêt contre le Pasteur Mtoumi, qu’est-ce qu’il y a de nouveau sous le soleil? Le silence de Monseigneur Anatole Milandou, Monseigneur Portela Mbuyu, Monseigneur Mizonzo, président de la Conférence épiscopale du Congo-Brazzaville, de l’Eglise protestante, des Eglises de réveil, de l’Islam du Congo-Brazzaville, de la société civile et des ONG est assourdissant, une semaine après. La communauté internationale qui a bouché les oreilles et voilé la face au plus fort des bombardements des populations du Pool par les hélicoptères de combat pilotés par des mercenaires ukrainiens s’est manifestée par l’arrivée à Brazzaville de Claudia Boyer, experte de l’ONU en désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), au lendemain de la clôture des négociations entre les émissaires du Pasteur Ntoumi et le gouvernement représenté par Raymond Zéphirin Mboulou. Simple coïncidence du calendrier ? Décidément, Denis Sassou Nguesso est le maître des horloges au Congo-Brazzaville. Aussitôt, Claudia Boyer a eu une séance de travail avec le ministre de la Formation qualifiante et de l’emploi, Nicéphore Antoine Thomas Fylla Saint-Eudes.

Déjà, Sassou Nguesso assure la promotion des accords de Kinkala. Il en a parlé à Monrovia au Libéria à l’investiture de Georges Weah, nouveau président élu. En passant, Sassou a avalé des couleuvres à l’intronisation de Georges Weah où il était considéré comme un intrus.

Existe-t-il des chances d’apporter des améliorations à ce texte dont le khalife d’Oyo assure le service après-vente à l’international ?

Que Sassou ne se méprenne pas. Les crimes commis dans le Pool ne doivent pas rester impunis sur l’autel de la politique.

Les trois bandits

La résolution de la crise du Pool laissée et abandonnée aux seuls soins de Denis Sassou Nguesso et Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi suscite l’impression d’une démission générale et d’une connivence généralisée. Entre Denis Sassou Nguesso et Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi, c’est : «  je te tiens par la barbichette, tu me tiens par la barbichette.  » Sassou Nguesso et Frédéric Bintsamou, faiseurs de guerre et faiseurs de paix ? Avant de mourir, Willy Matsanga lâcha : « Au Congo-Brazzaville, il y a trois bandits : Denis Sassou Nguesso, Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi et Anicet Pandzou alias Willy Mantsanga. » Un bandit est décédé. Deux sont encore en vie. Feu Matsanga, député de Kinsoundi, ancien chef de guerre, savait de quoi il parlait.

Les conclusions de la commission ad hoc ont été rédigées sous la dictée et les conditions de Denis Sassou Nguesso. Personne ne dit rien même si ces accords ne disent rien sur l’essentiel. Le deuxième bandit, Ntoumi, ne dit plus rien alors qu’il avait posé plusieurs conditions avant d’entériner l’accord. Le chef rebelle exige, entre autres revendications, la libération des prisonniers politiques et la levée de l’interdiction du CNR, son parti politique.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, lorsqu’il y a un bandit de trop, il y a guerre de chefs. Serge Armand Zanzala a prévenu : « le risque d’un troisième épisode existe  ». Pour notre plus grand malheur.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

 

(4 commentaires)

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  1. ntinia

    Seul le pool et la diaspora font la résistance à sassou depuis le passage en force de ce gredin, pour épauler ntumi il fallait organiser la résistance dans tous les départements,Ntumi a été isolé par la léthargie des autres départements,incapables de faire des barricades partout croyant que c’est une affaire du pool.Sassou a prévu le dernier passage en force en 2021 en imposant kiki.Comme maintenant tout le monde regardera le pool, pire recommencera à canarder les leaders du pool,il y aura un front antipool,un front antiguitoukoulou,un front anti boukadia et bien sur l’éternel front anti kolelas traité de traitre parce qu’il n’a pas fait tuer les jeunes de bacongo par une marche malgré les morts du référundum.Ce qui reste à faire c’est obtenir le départ de sassou par le biais d’une conférence internationale encadrée par l’ONU avec la participation de ntumi,des leaders politiques et la société civile.

  2. Mokengeli

    Cela a été dit et redit : SASSOU et NTUMI c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Et pendant se temps là, les populations du Pool trinquent…comme d’habitude…dans la plus grande indifférence de MVOUBA; KOLELAS, NSILU, MOUGANI, TCHIBAMBELELA, Mgr MILANDOU et les autres traitres.

  3. AD

    Il faut dénoncer haut et fort les conclusions inad´quates des travaux de la commission ad hoc paritaire rendues publiques le 20 janvier 2018 par le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou du régime génocidaire de Sassou Nguesso. La diaspora se doit d’organiser des marches de prostestation pour dénoncer la mascarade.Le but de cette nouvelle manipulation de Sassou Nguesso est de trouver une légimité et du coup d’ammener le FMI de l’épauler financièrement et continuer à se capitaliser unanimement sur le dos du Congo. Le Congo est un pays pourvu de matières premières qui ne servent qu’à enrichir Sassou Nguesso sa famille, clique, la France et les institutions internationales complices tels que le FMI, l’ONU . Il est temps de se mobiliser par les déclarations, les marches de prostestation. Le sang des milliers des gens au Congo, des habitants du Pool sauvagement assassinés par le regime despotique, abominable de Sassou Nguesso ne mérite pas ainsi une oublie par l’accord de paix bidon dont les conclusions inadéquates des travaux de la commission ad hoc paritaire rendues publiques le 20 janvier 2018 sont très légères et révoltantes. Il ne faut continuer à tolérer l’impunité. Les crimes restent des crimes et les sanctions doivent s’imposer quelque soit leur(S responsable(s). Ntoumi, s’il n’est pas complice avec Sassou Nguesso et son régime n’ a qu’à désapprouver, en l’occurrence aux autres Congolais épris de la paix, d’un état de droit au Congo, les dites conclusions. Il faut dénoncer « L’agenda caché de SASSOU NGUESSO, qui avance masqué ! » comme l’écrit Guy Mafimba dans DAC-Congo-presse:“Les non-dits de l’accord de cessez-le-feu du 23 décembre 2017 ! L’agenda caché de SASSOU NGUESSO et du trio «JDO-MBOULOU-NDENGET». »lorsque le comité ad hoc relègue la question de l’amnistie de Ntumi et celui de la libération des prisonniers politiques aux calendes grecques, refusant de la traiter, le pouvoir de Brazzaville gouvernement se dévoile et montre ses véritables intentions. Assassiner le pasteur Ntumi pour qu’il puisse imposer sa loi et sa force de répression punitive sur le Pool et au-delà, dans les départements jugé par Sassou comme hostile à son pouvoir !Qui ignore que l’agression, les attaques et les bombardements à Soumouna, fief du Révérend Ntuli ont repris le 05 avril à cause du scrutin présidentiel qui a suivi le jour de l’annonce des résultats. Attaques et bombardements conçus, organisées et conçus par Sassou Nguesso et le trio ‘’JDO-Mboulou-Ndenget’’, l’appel de Sassou Nguesso à Parfait Kolelas le 04 avril preuve tangible de cette stratégie du bouc émissaire idéal. Le ‘’droit de poursuite de Ntumi’’ n’était qu’un prétexte pour neutraliser le Révérend Ntumi puis poursuivre à Brazzaville sur Jean Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa, Claudine Munari, Charles Zacharie Bowo etc…qui ont sans ambages dit non au hold-up électoral. » Ntumi, s’il n’a rien à se cacher, n’a qu’à prendre l’inititiative de s’imposer maintenant pour une nouvelle négociation avec le support d’ une délégation de l’opposition républicaine, de la diapora, sans oublier la société civile et rediscuter en dehors du Congo et sous l’égide de la communauté internationale des modalités de sortie de crise. Mais en toute sincérité, les Congolais doivent tout faire pou mettre fin à la dictature qui opprime le peuple congolais depuis plus de 34 ans.

  4. RENE MAVOUNGOU PAMBOU

    Accords de paix pour le Pool ou marché de dupes?

    On ne saurait parler d’accords de paix là où tout laisse croire qu’il s’agit d’un marché de dupes. Il saurait en être autrement quand on sait que les conditions initiales posées par Ntumi n’ont jamais été prises en compte. On aurait bien voulu une tenue des négociations en bonne et due forme sous l’égide de la communauté internationale, ce qui aurait conféré un certain crédit à ces accords! Il serait cependant imprudent pour Ntumi de se satisfaire de la simple levée des poursuites judiciares à son encontre. En effet, il y a de bonnes raisons d’y entrenvoir un traquenard. En outre, il y a tout lieu de déplorer qu’on ait passé sous silence le cas des victimes – morts et sinistrés – de cette guerre inutile. Je présume cependant qu’il n’y a rien de sérieux et de rassurant dans ces prétendus accords de paix qui semblent être plutôt de la poudre aux yeux du monde, notamment du FMI, auprès duquel Sassou Nguesso attend impatiemment le précieux et ultime ballon d’oxygène pour sortir le pays de la crise économique sans précédent qui l’asphyxie. Et c’est pour cette unique raison qu’il a précipitamment fait organiser des négociations, avec à terme, des accords biaisés et peu crédibles. Bien évidemment, j’avoue être sceptique à une mascarade d’accords de paix dont seul le bourreau du peuple a la secret. Hélas, avec le tyran sanguinaire de l’Alima de connivence avec son complice Ntumi, le torrent de sang des innocents n’est pas prêt d’être endigué et le martyre du Pool est loin de s’estomper. J’ai dit.

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