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Jan 26 2018

Retour sur le discours du Président Sassou Nguesso du 30 décembre

Lorsque le président Sassou Nguesso, bousculant la tradition, s’adresse au peuple congolais ce 30 décembre 2017,  devant le parlement réuni en congrès, les congolais s’attendent à un discours fondateur de type du discours de Marien NGOUABI le 12 décembre 1975. Malgré les ovations nourries, rien n’y fit : Le président charge les « autres », ceux qui ne jouent pas leur rôle. Lui, il les nomme, à chacun de faire son boulot ; il n’empêche personne d’accomplir sa tache : seulement, cette fois ci, il va veiller personnellement. Depuis, on est retombé dans le train-train habituel : le fonctionnaire est toujours nonchalant, le corrupteur a certainement repris du service…

En ce mois de Janvier  2018 – au commissariat central de Brazzaville-sud à Makélékélé, plusieurs personnes sont là pour le renouvellement de leur carte d’identité. Le service est dirigé par un colonel issu de l’en-deçà de la Léfini  et s’occupe des chrysanthèmes. Il est secondé, on dirait, talonné par le capitaine Ebata, l’homme-orchestre qui gère réellement tout à partir du bar jouxtant le commissariat. Comme matériel, une seule machine. Ici le dossier est composé d’une photo format identité, une photocopie de la carte arrivée à péremption et de celle de l’acte de naissance et 5000 frs.

A la mairie de Talangai, même attroupement. Le service est géré de main ferme par un colonel issu du septentrion. Il est assisté par un certain Massamba, garçon de course sinon véritable rabatteur. Matériel, trois machines. Ici, le dossier n’est pas bouclé par la somme de 5000 frs.

Qui a dit que la vie était raccourcie ici, et qu’elle était rallongée là-bas ? Des fois que le président Sassou Nguesso, qui veut veiller personnellement maintenant, ne serait pas au courant.

Le discours qui devrait sonner le glas contre la corruption semble être ignoré.

Dans la même insouciance, contre toute logique financière et alors que le pays doit conclure absolument un programme avec le FMI après des audits de gouvernance et la renégociation du service de la dette, le gouvernement a soumis et, le parlement a adopté un budget dont la lecture laisse les sachant dubitatifs. Le budget n’est pas qu’exercice comptable, mais aussi, il est l’indication de la politique du gouvernement. Tout budget s’équilibre en recettes et en dépenses autrement dit, lorsque les charges sont connues, on s’emploie à rechercher les ressources devant couvrir ces charges. Or, encore qu’il faut bien vérifier, les charges incompressibles s’élèvent à 1300milliards fcfa et les ressources propres se situent à hauteur de 800 milliards de fcfa. Dans ce cas, le bon sens et les règles de l’orthodoxie se rejoignent pour recommander la recherche de financements additionnels soit 500 milliards pour équilibrer les comptes. Le gouvernement qui ne semble pas reconnaitre que le pays est en période de vaches maigres, au lieu de rester dans cette fourchette, veut créer une niche de 200 milliards faisant passer le gap à 700 milliards. Le recrutement des conseillers juridiques et financiers de haut niveau suggéré par le FMI  devient plus que pressant parce que l’expertise nationale ne semble ne pas être à la hauteur. Les ingrédients pour le redéploiement de la mauvaise gouvernance sont entrain de se remettre en place. Décidément le président Sassou Nguesso est incorrigible. Aussi s’il replonge le pays en le maintenant dans la crise, qu’il soit rassuré que les congolais ne se feront pas prier pour exiger et obtenir son départ.

L’indice objectivement vérifiable, permettant de savoir que l’homme n’a pas changé, et que même il ne pourra changer, sera à observer lors de la publication de la nouvelle équipe gouvernementale. Si le nombre de 25 ministres(le premier ministre y compris) est dépassé ; si 50% ou plus du gouvernement vient du nord du pays ; si les Djombo, Bouya, Ondongo, Nsilou, Itoua Bruno, Mboulou, Moungani Adélaide, Ouosso, Makosso Colinet, Koussoud Mavoungou, …nous reviennent au gouvernement, alors là, il faudra considérer Le président Sassou Nguesso comme un pestiféré à garder en quarantaine car son discours n’aura été qu’un de plus. Une fois de plus comme d’habitude le discours n’a été prononcé que pour faire diversion, tout comme la guerre dans le Pool ou l’affaire Dabira. Le substrat stratégique a été réservé au clan, c’est pourquoi racket, concussion, tribalisme et impunité n’ont, semble  t-il, que pris un bain de jouvence.

Aussi, au commencement était le discours, et que le discours devait…mais le discours ne semble pas tenir le pari.

Brazzaville, le 25 Janvier 2018

Ghislain Mboungou

(1 commentaire)

  1. habibah natah

    VOICI LES PREUVES: TOUTE LA VÉRITÉ POURQUOI SASSOU8% MASSACRE LE POOL=CONSTRUCTIONS DES HABITATS+HOTELS SUR ET SOUS L´ EAU=FLEUVE CONGO) COMME A DUBAI–https://www.youtube.com/watch?v=LG7o_Qkz1x0&feature=youtu.be

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