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Oct 03 2017

L’après-Sassou s’approche à pas de géant

Il y a quelque temps, nous évoquions le fait que l’après-Sassou avait déjà commencé. En analysant la crise économico-institutionnelle qui frappait le pays, nous avions mentionné 6 scénarii de fin de régime auxquels venait s’ajouter la mort naturelle comme septième scénarii.

Les voici résumés :

  1. Sassou meurt de sa propre mort
  2. Le pouvoir de Sassou est sauvé in extrémis par la remontée du prix du baril
  3. Un coup d’Etat de palais de Kiki pour remplacer son père
  4. Un coup d’Etat de palais de JDO pour remplacer son « oncle »
  5. Un coup d’Etat par un officier républicain
  6. Une insurrection populaire
  7. Un vrai dialogue sans exclusive qui solde les contentieux légués par la CNS

L’histoire du Congo s’écrit devant nous et elle s’emballe. Des 7 sept scénarii initiaux, combien en reste-il ?

L’observation de la situation au Congo ces quatre dernières semaines indique que certains scénarii sont en train de disparaître à vue d’œil pour ne pas dire qu’ils fondent comme neige au soleil. Si Sassou comptait sur une embellie du baril, ce qui rentrera dans l’histoire de l’après-Sassou comme l’affaire Gunvor-Trafigura vient d’écarter le scénario n°2. En effet, l’ampleur de la dette gagée (pratique interdite par le FMI après réduction de la dette du Congo) est telle que même un baril à 200 dollars ne pourra plus sauver ce régime empêtré et obstiné dans la mauvaise gouvernance. Les négociations en cours avec le FMI s’annoncent donc ultra difficiles.

Le scénario n°3 vient d’être biffé par les tribulations de Kiki en France. Mis en examen et ne devant sa liberté provisoire actuelle qu’au prix de l’énorme caution de 2 millions d’euros, le rejeton présidentiable a désormais d’autre soucis à se faire que la conquête du pouvoir. Son père qui avait cédé aux caprices de cet enfant gâté doit s’en mordre les doigts. L’affaire Gunvor qui tombe à point nommé sonne le glas des ambitions présidentielles de Kiki le pétrolier. Soit dit en passant, la mise en examen de Kiki révèle au grand jour la haine que se vouent les membres du clan Nguesso. En effet, il semble que des informations sérieusement compromettantes auraient été mises gracieusement depuis Brazza à la disposition des enquêteurs parisiens par des ennemis jurés de Kiki dans la course au trône congolais.

Le scénario n°4 vient d’être sérieusement fragilisé par la mutation de Ndéguet de la Direction générale de la police nationale à la préfecture de Brazzaville. Ce qui semblait impossible, tant notre général donnait l’impression d’être un pilier stratégique et inamovible du régime a fini par se réaliser. Ndéguet aurait « fait valoir » ses droits à la retraite et du coup ne devrait plus, logiquement, siéger au Haut Commandement militaire. Ce départ précipité semble être le résultat de l’échec de l’arrestation de Nianga-Mbouala ainsi que la méfiance grandissante que Kiki exprimerait à l’égard de JDO. Poussé dans ses derniers retranchements, JDO n’a plus d’autre choix que d’anticiper les événements ou de capituler avec toutes les conséquences y liées. En effet, sans Ndéguet à la tête de la police, JDO n’a plus de troupes opérationnelles. Sauf si conservant quelques relais dans la police, il essaie de parer au plus pressé, mais avec quelle chance de succès ? Le sort de JDO est donc l’épisode et la grande énigme des jours à venir dans ce qui ressemble de plus en plus à un vrai feuilleton.

La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : L’emballement actuel est-il le résultat naturel de la lutte fratricide que nous évoquions il y a peu comme aboutissement d’un système parti du régionalisme vers la succession dynastique à l’ottomane ou est-il plutôt l’œuvre d’un pourrissement savamment entretenu par quelqu’un placé en embuscade ?

Pour résumer les choses, nous sommes passés en très peu de temps de 7 scénarii à 4,5 (le scénario du coup d’Etat de JDO ayant sérieusement été affaibli par le remplacement de Ndéguet à la tête de la police). Aux dernières nouvelles, Ndenguet ferait des pieds et des mains pour être nommé secrétaire-adjoint du Conseil National de Sécurité. Cela lui permettrait de conserver son poste au haut commandement de l’armée. Ce serait alors une bien maigre consolation pour celui qui serait ainsi totalement coupé des hommes de terrain. Pour la petite anecdote, le poste que convoiterait Ndéguet est celui qu’occupait le colonel Ntsourou avant sa disgrâce. Faut-il y voir un signe ?

Les scénarii restant sont les suivants :

  1. Sassou meurt de sa propre mort
  2. Demi-scénario : Un coup d’Etat de palais de JDO pour remplacer son « oncle »
  3. Un coup d’Etat par un officier républicain
  4. Une insurrection populaire
  5. Un vrai dialogue sans exclusive qui solde les contentieux légués par la CNS

La mort naturelle de Sassou serait probablement le déclencheur d’une violente guerre de succession aux conséquences imprévisibles. Entre un dauphin dynastique contesté et des prétendants qui ne s’en cachent plus, la guerre risque d’être totale.

Le coup d’Etat de palais de JDO déclencherait probablement une nuit des longs couteaux, si l’on en croit la liste (des partisans à choyer et des adversaires à « neutraliser ») qui a circulé sur le réseau. A mesure que le temps passe, ce scénario perd de sa pertinence, tant les acteurs sont connus et subissent désormais une neutralisation progressive.

Le coup d’Etat républicain est de plus en plus évoqué, invoqué et ardemment souhaité par l’immense majorité des Congolais. Son avantage actuel est qu’aucun officier républicain n’affiche publiquement ses ambitions. Sachant que la force d’un coup d’Etat c’est sa discrétion, grand expert en matière de coup d’Etat, Sassou doit passer des nuits blanches en train de scruter ses officiers dans l’espoir de détecter celui qui aurait la bouille d’un putschiste. A ce jeu, c’est la moitié de ses officiers qu’il devra limoger pour retrouver le sommeil.

Ventre affamé n’ayant point d’oreille, la crise économique et financière qui s’aggrave pousse de plus en plus le peuple vers une insurrection populaire. C’est d’ailleurs en prévision de cette éventualité cauchemardesque que lors de son allocution à l’occasion de la fête de l’indépendance, Sassou aurait mis en garde les Congolais contre l’usage de leurs droits syndicaux. Etrange mise en garde venant de la part de celui qui avait déclaré : « Quand la constitution est violée, tous les républicains se lèvent pour la défendre.

Un vrai dialogue national dont l’un des objectifs serait la négociation d’un départ à l’amiable de Sassou (option de plus en plus compromise, vu l’ampleur des scandales financiers dont il serait responsable), l’organisation d’une transition sous l’égide d’un gouvernement d’union nationale semble de plus en plus incontournable tandis que le sort de Sassou devient de plus en plus incertain. Encore une fois, le temps joue contre Sassou. Et il le sait très bien. D’autant plus que s’il ne prend l’initiative d’organiser un vrai dialogue (pas à la Ewo-Dolisie-Sibiti), le peuple se chargera de le pousser vers la sortie. Et cette fois, chat échaudé craignant l’eau froide, le peuple ne lui fera pas de cadeau par le biais d’une « cérémonie de lavement de mains en jurant : plus jamais ça. »

Il est très étonnant de constater que ceux qui ont mis le pays à genou et qui devraient être les premiers à souhaiter un dialogue inclusif qui leur permettrait de sauver la face s’obstinent dans une stratégie de l’autruche. La tête dans le sable, ils attendent la remontée du baril alors que l’ouragan qui risque de les emporter souffle déjà au sein de la population.

 Qui vivra verra.

Pascal Malanda

Le CONGO ETERNEL

Nation et Démocratie

(2 commentaires)

  1. Arkamirra

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  2. Apoph

    Chè(e)r(e)s compatriote(s),

    Le putschiste SASSOU II est fini. L’homme dit « fort » est si peureux qu’il n’est plus qu’un homme « faible » en réalité. Sa trouille s’affiche désormais au grand jour. Et ce ne sont pas ses Cobras (ces gros bras déguisés en Costards) l’entourant de part en part pour lui servir de boucliers humains qui empêcheront le Militant de la Résistance de l’anéantir le jour J. Ce qui approche inexorablement. Le putschiste SASSOU sait que son sort est déjà scellé. Mais il est loin d’imaginer ce qui lui réservé. Sans tout dévoiler, le Militant de la Résistance vous invite déjà à vous tenir prêt à vous mobiliser massivement pour cueillir ce putschiste. VIVE LA RESISTANCE ! VIVE LE CONGO LIBRE !

    La Sentence

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