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Juil 11 2016

L’addiction à la certitude de Sassou Nguesso et son clan

sassou-elephant

Ce qui se passe ces derniers temps au Congo montrent que nous sommes dans l’incertitude. Nous ne savons pas ce qui va arriver. Mais comme certains pensent à tort ou à raison que les projets qu’ils soutiennent sont les bons, ils cherchent ainsi à s’accrocher à des pseudo-certitudes telles que l’adoubement de François HOLLANDE dans ce qui est considéré comme le casse du siècle, le vol au peuple congolais de l’élection présidentielle du 20 mars 2016, au nez et à la barbe du monde entier et nuitamment. Il est bon que le peuple partage certaines illusions et que personne ne vienne déranger sa tranquillité. Comme NIETZSCHE l’avait dit « il faut que les hommes continuent d’entretenir des illusions, car ce sont elles qui les font vivre. » D’évidence, il n’en est rien. Tout l’acharnement qu’ils mettent à entretenir une illusion ne change pas le fait qu’elle ne renvoie à rien. L’acharnement de la croyance ne fait qu’aveugler. On s’illusionne pour se rassurer, mais cette fausse sécurité ne fait que créer et maintenir la contradiction dans nos vies.

Force est de constater que François HOLLANDE n’est pas le peuple congolais. Je pense que le temps est révolu où les Chefs d’état occidentaux choisissaient les dirigeants à la place des peuples africains qui n’avaient plus qu’à subir la dure loi du marché des affaires car le business devait continuer.

Ce qui s’est passé en Grèce, temple de la démocratie, et au Royaume-Uni est là pour nous rappeler que seul le peuple est souverain et dépositaire de son salut, son avenir. En disant NON au plan de sauvetage européen, les Grecs ont réaffirmé leur attachement à vivre dans la dignité tout en faisant face à l’adversité. Les Britanniques sont sortis de l’Union Européenne (UE) avec le désormais célèbre « Brexit ». L’argent européen n’a pas pu acheter la conscience des peuples Grec et Britannique. Les dirigeants et commentateurs de la vie politique qui avaient prédit le départ d’Alexis TSIPRAS et le maintien des Britanniques dans l’Union Européenne en sont pour leur frais. D’ailleurs certains politiques partisans du maintien de la Grande Bretagne dans l’UE font marche arrière devant la détermination du peuple britannique et demande qu’un compromis soit trouvé devant ce séisme politique afin de sauver les apparences et limiter les dégâts. Ce ne sont pas les dirigeants grec ou britannique qui ont fait fléchir l’Union Européenne mais les peuples grec et britannique.

Nous sommes à la croisé des chemins et notre destin va basculer. Ce sera au peuple congolais de faire le bon choix à travers une conscience collective, celui de la durabilité des institutions au travers d’une alternance apaisée. Il y a des faits que nous ne voudrions pas voir et des torts que nous ne voulons reconnaître et pourtant la lucidité demande d’ouvrir les yeux. Le grand poète Euripide, l’auteur de pièces de théâtre dans l’ancienne Grèce du 5e siècle avant Jésus-Christ disait « ce n’est pas l’attendu qui arrive, parce qu’un Dieu malin fait arriver l’inattendu. » Comme nous l’enseigne la théorie du cygne noir élaboré par Nassim Nicholas Taleb (2008), il est important de s’interroger sur les choses qui nous paraissent évidentes et qu’il faut admettre que les grandes catastrophes nous prennent généralement par surprise. Il en conclut notre incapacité à tirer de notre passé des leçons pour notre avenir. A méditer pour la suite et gardons-nous des expérimentations hasardeuses.

Ces certitudes qui rassurent faussement comme une drogue SASSOU-NGUESSO et son clan, les trompent beaucoup plus que l’incertitude qui elle-même nous inquiète tous actuellement. L’effet de la contrainte de l’illusion, c’est la persistance d’une souffrance, puisqu’il faudra constamment lutter contre la réalité tant que l’illusion durera, et récolter une déception quand l’illusion tombera. La chute de la déception sera d’autant plus grande que l’illusion en a placé le marchepied au plus haut. Plus dure sera la chute car si haut que l’on soit assis sur le plus beau trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul. Les illusions nous rendent la vie infernale, et nous préparent une vie de souffrance.

Faut-il à tout prix sauvegarder nos erreurs, nos illusions, notre amour propre et une liberté capricieuse contre la contrainte de la vérité ? La vérité exige que nous cessions de nous dérober devant ce qui est, elle veut être regardée en face. La marche du changement a commencé et il est temps d’agir. Nous sommes dans un moment où le destin semble hésiter, l’espoir changer de camp et le combat d’âmes, comme le dira le poète. Un vieux modèle qui n’arrive pas à mourir et un nouveau qui n’arrive pas à sortir. L’histoire est à nous et elle est faite par le peuple. Devenons acteurs de notre propre destin. Au Congo, la colère pour les inégalités sociales est exacerbée et il y a une fracture entre le peuple et ses gouvernants actuels, maux auxquels il faut mettre fin. Je reste convaincu qu’une bonne gestion de l’Etat est seule en mesure d’assurer la pérennité du lien social dans une démocratie et favoriser le développement dans un esprit de justice sociale. Ma certitude fondamentale, c’est que le droit constitue le plus sûr vecteur des valeurs fondamentales d’une société démocratique.

L’absence de reconnaissance des droits fondamentaux du peuple congolais fait du Congo-Brazzaville d’aujourd’hui une société fracturée qui a du mal à résoudre cette crise de façon pacifique. Quoi que l’on dise, nous sommes dans une crise post-électorale et, à défaut de concertation, il y aura confrontation. Et, ce n’est plus qu’une question de temps.

Laissez-moi, cher ex excellence SASSOU-NGUESSO, vous paraphraser une assertion d’un personnage, un militaire comme vous, du roman « Les Braises » de l’écrivain hongrois Sandor Marai : « il n’y a pas de plus atroce souffrance pour un homme que de perdre l’estime de soi, et l’homme qui perd la sienne souffre d’une plaie si profonde que même la mort ne peut guérir. » Et, l’estime de vous, vous l’avez perdue monsieur SASSOU-NGUESSO. Voilà pourquoi vous êtes un homme fini, cher et regretté ex excellence. Fini : vous !

Dans la folie de la puissance, il est très rare que le pouvoir rende sage quelqu’un qui ne l’était pas. Restons optimistes, car « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Friedrich Hölderlin.

 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

(5 commentaires)

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  1. LE CONGO2016

    Ou est le problème au Congo:
    – La personnalité de sassou, un imbécile, criminel mind, tribaliste, égoïste
    – La France qui a eu faire une bêtise de signer les contrats du pétrole avec un individu (sassou) et non l’état congolais du coup l’a France a peur du départ de sassou qui amènerait l’annulation de tous les contrats qui n’engage pas le Congo.
    Le défaut de l’opposition c’est de croire qu’elle peut vaincre sassou d’une manière démocratique (ceci est pratiquement impossible), car sassou (la France) utilise le moyens non démocratiques : la menace sur les opposants, l’emprisonnement des opposants, le génocide dans le pool, les enlèvements dans la population qui finissant des morts non identifiés dans les morgues du Congo.

    Une autre chose très importante la France (sassou) a réussit de :
    – De tuer l’état congolais
    – De diviser les congolais deux groupes les nordistes et le sudistes, et ces deux groupes n’ont pas les mêmes intérêts du coup
    La désobéissance ou un soulèvement populaire ne peut pas réussir au Congo, car durant le soulèvement du referendum si les nordistes se sont associés sassou serait déjà parti.
    QU’ELLE EST LA STRATÉGIE LA PLUS EFFICACE AU CONGO ?
    Avant de répondre a cette question je tien a souligné ceci :
    L’EU, les USA mettent en doute, le referendum et la réélection de sassou, du aux élections tachées de beaucoup d’irrégularités. De ce fait le mandat de sassou va prendre fin, la fin de ce mois. En ce moment la tout est permis pour pour prendre le pouvoir de sassou lui il l’a fait par les armes.
    ALORS VOICI LA RÉPONSE A LA QUESTION.
    LA PARTIE SUD QUI REPRÉSENTE PLUS DE 80% DE LA POPULATION CONGOLAISE ET EN MÊME TEMPS HORS DU DE LA GESTION DU BIEN PUBLIQUE, LA SEULE PARTIE SABLÉE PAR LES ARMES DE SASSOU, DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS SANS ATTENDRE LA PARTIE NORD POUR LIBÉRER LE CONGO, MAIS CECI DOIT ÊTRE UNE LUTTE ARMÉE. LA PARTIE NORD VA REJOINDRE LA PARTIE SUD OU AU CAS CONTRAIRE FAIRE UNE FÉDÉRATION AU CONGO.
    Je le répète, démocratiquement sassou ne partira pas, car lui c’est un terroriste installé par la France au CONGO.

  2. muclet

    Ce qui m’attriste dans le cas du Congo c’est de constater que le Président autoproclamé n’a pas la même notion de démocratie,de justice que les communs des mortels ! Pour lui , le peuple congolais n’existe pas . Le Congo est un village mbochi et il en est le chef suprême ! Il pense qu’il a un droit divin de disposer de la vie de ses sujets. Pourquoi devra-t-il dépenser des millions de francs CFA pour réaliser un quelconque projet pour les Congolais ? L’argent appartient à sa famille ,à Sassou et à Nguesso.Nul autre n’y a droit, sauf à lécher leur cul jusqu’à s’user la langue.On parle des grands travaux, tout cela c’est l’œuvre des chinois mais à quelle prix ? Sassou n’a aucune notion de gestion ni d’économie ! Le pays est endetté jusqu’à la dixième génération ! Aucun pays,aucune banque,aucune ne peuvent lui prêter aucun sou, aucun argent. Le Congo est mort en tant qu’État .Va-t-il enfin se décider de partir pour permettre aux dignes fils et filles de ce pays de le remettre sur de bons rails ? S’il a encore un peu de dignité, un peu de fierté , bien entendu. Où attend-il un coup de pied derrière ses fesses ? Basta.

  3. GEM

    Mr ex excellence sassou nguesso vous répondra mon cher Aimé Césaire MIAKASSISSA que le ridicule ne tue pas. il s’en fiche de la dignité, de l’estime, de la personnalité ou d’autres vertus ou qualités qui fondent l’être humain. il croit tellement sur ses pratiques occultes qu’il croit dominer tout le monde. c’est de l’hystérie pure, c’est un vrai malade mental.
    Mais bon soyons optimiste

  4. ISIDORE AYA TONGA

    Le Congo et l’Afrique noire sont-ils par essence anthropologique et culturelle, un monde sans foi ni loi et sans état d’âme d’humanisme ?

    Déplacer le combat de la libération du peuple congolais et d’Afrique noire contre nos dictateurs sur les problématiques tribales, ethno régionalistes et d’ostracismes entre africains est une grave erreur.

    C’est comme si on demandait à un américain blanc d’ignorer la bavure ou la barbarie d’un policier blanc sur un noir. Ou comme s’il suffit qu’un blanc, ou arabe, indien, asiatique abuse ou tue un noir pour faire un buzz planétaire.

    Mais la barbarie, la violence et l’injustice entre noirs ou africains est banalisée et n’entraîne pas de révolte sur différentes échelles sociétales.

    CEPENDANT, NOUS ENTRONS DANS LE MONDE DES CAUSES ET DES CONSÉQUENCES INTERRACIALES DURANT TOUT CE XXIE SIÈCLE…
    Aucune race n’a plus libre cours de tuer une autre et de manière abusive – sans que cela entraîne des impacts directs et collatéraux sur différentes échelles sociétales planétaires.

    Le Congo et l’Afrique noire sont-ils par essence anthropologique et culturelle, un monde sans foi ni loi et sans état d’âme d’humanisme ?

    Nous apprenons tous les jours et depuis presque 56 ans de post colonialisme français, l’existence et la gravité des crises sociopolitiques et humanitaires sur différentes échelles sociétales congolaises.
    Que se passe-t-il? La raison, l’esprit humain, la pleine conscience, les valeurs humanistes à l’esprit de liberté, de la démocratie, de justice et de paix progressent-t-ils au Congo Brazzaville ?

    Assistons-nous plutôt à une vaste entreprise de naïveté individuelle qui, pour moi est certainement de caractères anthropologiques, génétiques et culturels?

    En conséquence, sommes-nous victimes de ce que j’appelle « la génétique de la naïveté sociopolitique, intellectuelle et morale » ? Par ailleurs, les principes et valeurs politiques et morales de l’individu congolais sont-ils le reflet de la tribu au quelle l’on appartient ou plutôt ceux de l’hystérie anticonstitutionnelle, antisociale, et culturelle collective?

    Sinon, pourquoi le Congo et l’Afrique noire regroupent-ils et de manière récurrente le plus grand nombre de dictateurs antisociaux et criminogènes au monde ?

    Une pensée anonyme de Isidore AYA TONGA.

  5. ISIDORE AYA TONGA

    L’insurrection de conscience et de l’esprit de la liberté congolaise: La liberté, ça se mérite – Ceux qui sont libres l’ont certainement mérité. Il faut alors la mettre en pratique et avancer.Si tu es libre mais ne mets pas en action ta liberté acquise, cela signifie qu’à l’intérieur de ton être, tu ne seras jamais libre. Quelqu’un de libre, adore mettre sa liberté en action. Sinon, à quoi ça sert d’être libre au Congo Brazzaville? Explication: https://www.youtube.com/watch?v=Btq9niggv0w

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