
Denis Sassou a succédé à Denis Sassou Nguesso. Ainsi, le fils de « Mama Mouébara » a retrouvé le Congo-Brazzaville qu’il connaît bien et qu’il dirige d’une main de fer dans un gant d’acier depuis plus d’une quarantaine d’années. A ce titre, Dénis Sassou Nguesso, le natif d’Edou-Penda, devra affronter son propre bilan. C’est l’effet miroir. Le petit pays arrosé de rivières et de fleuves, gorgé de pétrole et de gaz dont le khalife d’Oyo tient à nouveau le gouvernail vogue sous de sombres auspices.
Echec et mat
Les indicateurs économiques ont viré aux couleurs de l’hémoglobine. Le taux de croissance projeté à 5,3 % a été ramené à 2,7 %. Les réserves de change de Brazzaville tournent autour de 2 mois d’importation. Le taux d’endettement se situe à 97,2 % du PIB alors que la norme de la CEMAC est de 70 % du PIB. Plusieurs dizaines d’emplois dans les PME et les PMI ont disparu. De nombreuses sociétés à Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie ont mis la clé sous le paillasson. Le pays forestier membre de la CEMAC se heurte aujourd’hui à des infrastructures vieillissantes et une diversification économique qui peine à se concrétiser malgré les discours officiels.
Mozart de la décadence
Le pays fait face à de sombres augures. Brazzaville a annoncé une offre de rachat portant sur plus de 575 millions de dollars d’obligations arrivant à échéance en 2032. L’opération concerne les eurobonds émis en 2022 avec un coupon de 9,875 %, puis réouverts en décembre 2025. Sassou Nguesso, Collinet Makosso, Christian Yoka et leurs conseillers financiers Gilbert Ondongo, Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, les Mozart de la finance de Brazzaville, proposent aux détenteurs de ces titres une « prime » de 1040 dollars pour chaque tranche de 1000 dollars de principal, majorée des intérêts courus. Le rachat doit être financé par une nouvelle émission de dette en dollars dont la durée de vie moyenne pondérée devrait être de huit ans (sikafinance, 12 mai 2026).
Négociations négatives
Le Congo-Brazzaville a officiellement sollicité l’ouverture de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en place d’un nouveau programme économique et financier à la suite des différents programmes antérieurs qui n’ont pas produit les résultats escomptés à l’instar de la facilité élargie de crédits (FEC). Les populations du Congo-Brazzaville font valoir que, pour évaluer le bien-fondé d’une réforme, il est nécessaire de quantifier non seulement ses effets sur les finances publiques et sur l’emploi, mais également son impact sur le niveau d’assurance qu’elle apporte. L’annonce a été faite le 11 mai 2026 par le ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public au sommet duquel se niche Christian Yoka qui inscrit cette démarche dans la continuité des engagements régionaux pris à Brazzaville en début d’année.
Funeste signal
L’abandon du clanisme et du népotisme dont Dénis Sassou Nguesso se défend et qu’il n’est pas parvenu à masquer n’est pas au rendez-vous et impacte négativement sur les résultats. Pour le pouvoir de Brazzaville qui a lancé un signal funeste en reconduisant Anatole Collinet Makosso à la tête du gouvernement avec dans sa gibecière Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, il s’agit de réamorcer une coopération technique et financière dont les contours restent à définir avec les équipes de l’institution de Bretton Woods (Africtelegraph, 12 mai 2026).
Tintin au Kenya
Au sommet de Nairobi au Kenya du 11 au 12 mai 2026, Emmanuel Macron a promis d’aider les pays africains à obtenir un meilleur traitement de la part des institutions financières internationales. Une déclaration qui tombe à pic pour Brazzaville qui tente d’arracher un nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Le petit pays pétrolier, forestier et gazier d’Afrique centrale tente depuis plusieurs années de restaurer sa crédibilité financière après plusieurs péripéties de tension sur sa dette extérieure. Aussi, le FMI souligne-t-il la fragilité des perspectives économiques du Congo-Brazzaville drogué à l’or noir, martelant sur la faiblesse des investissements et les obstacles à l’approvisionnement en matières énergétiques et des réticences de lutter efficacement contre la corruption et les malversations financières en vue de sécuriser les recettes publiques qui engraissent les membres du clan Sassou.
Benjamin BILOMBOT BITADYS
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