Mokoko, Lissouba, rentrée scolaire: les points de l’actualité

Le retour du général Jean-Marie Michel Mokoko à Brazzaville, après des soins médicaux en Turquie, les obsèques provisoires à Perpignan (France) de l’ancien Président Pascal Lissouba, la rentrée scolaire 2020-2021 en ce temps de crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19: les sujets qui alimentent l’actualité au Congo-Brazzaville ne manquent pas.

Le come-back de Mokoko

Evacué en Turquie le 30 juillet dernier suite à une crise de paludisme aiguë aggravée par de l’hypertension, le général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016, condamné en mai 2018 à 20 ans de prison pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat», a regagné la capitale congolaise, en toute discrétion, le 30 août dernier. Aussitôt après l’atterrissage de l’avion qui le transportait à l’aéroport international Maya-Maya, l’ex-chef d’Etat-major des Forces armées congolaises (FAC) a été conduit à l’hôpital central des Armées Pierre Mobengo. Où il continue de suivre les soins. Sur les réseaux sociaux circule une photo du général congolais, assis sur une chaise, dans une chambre de l’hôpital militaire, à côté de Maître Eric Yvon Ibouanga, l’un de ses avocats. Ce qui laisse croire que le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016 se porte mieux, mais suscite de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources, après avoir fini son traitement, celui que l’on surnomme ‘’J3M’’ aura deux options: retourner dans sa cellule à la Maison d’arrêt de Brazzaville, ou être soumis à une résidence surveillée. Dans ce dernier cas, il faudrait que les médecins traitants du général Mokoko arrivent à prouver que son retour en geôle risque de lui être fatal. Vu l’état de santé du général Mokoko, nombreux se posent la question de savoir pourquoi le Président Denis Sassou-Nguesso ne lui ferait-il pas bénéficier d’une amnistie, ainsi qu’à Okombi Salissa, un autre candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016, lui aussi condamné par la justice congolaise et détenu à la Maison d’arrêt de Brazzaville ? A titre de rappel, le Groupe de travail des Nations unies avait exigé des autorités congolaises la libération immédiate et sans condition de l’ancien chef d’Etat-major des FAC, ainsi que son indemnisation, comme l’a rappelé, dernièrement, Me Eric Yvon Ibouanga.

Les obsèques houleuses de Pascal Lissouba

Décédé en exil le 24 août dernier, des suites de la maladie d’Alzheimer à l’âge de 88 ans, l’ancien chef d’Etat congolais Pascal Lissouba a été inhumé provisoirement lundi 31 août à Perpignan, en France où il vivait en exil depuis 23 ans. Dans la stricte intimité familiale. Après une cérémonie religieuse qui s’est déroulée à la Cathédrale Saint Jean-Baptiste. Membres de la famille, militants et cadres de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) – le parti créé par Pascal Lissouba qui l’a porté au pouvoir en 1992 – venus du Congo et de la diaspora, ont participé à l’office religieux. L’Etat congolais était représenté par son ambassadeur en France, Rodolphe Adada. Lequel a présenté les condoléances du Président Denis Sassou-Nguesso à la famille du disparu, lors de la cérémonie de recueillement à sa résidence. Parmi les autres personnalités figuraient Pascal Tsaty-Mabiala, député, premier secrétaire de l’UPADS, le parti fondé par Pascal Lissouba, et chef de file de l’opposition congolaise; Joseph Ouabari Mariotti, ancien ministre de la Justice de Pascal Lissouba; l’ancien ministre Nimi Madingou; Marcel Makomé; le représentant du parti UDH-Yuki, Tadet Mayinga. Les obsèques de Pascal Lissouba ont démontré comment les politiciens, pour leurs intérêts, continuent à instrumentaliser les peuples, comme il en fut pour les divers conflits armés connus ces trois dernières décennies par le Congo. Un pays qui, pour sa reconstruction et son développement, n’a plus besoin de toutes sortes de violences, surtout verbales et tribales. A la Cathédrale Saint Jean-Baptiste, des Congolais de la diaspora, communément appelés ‘’combattants’’, ont lancé des piques notamment à Pascal Tsaty Mabiala, le premier secrétaire actuel de l’UPADS, et de l’ambassadeur du Congo en France, Rodolphe Adada. Joseph Ouabari Mariotti a dressé un véritable réquisitoire du pouvoir en place au Congo.

Tout ceci a porté un sérieux coup à la tradition bantou qui veut que le deuil soit un lieu de recueillement et d’unité. Pourtant, au cours de leurs homélie et oraison funèbre, le prêtre et la fille aînée du défunt sont revenus sur la nécessité de la paix, de l’unité, du travail bien fait, du patriotisme et de la conscience, à l’image de Nkrumah, Lumumba, Matsoua. Des valeurs sûres du développement qu’incarnait le Président Pascal Lissouba doivent être le credo des Congolais, ont renchéri les deux orateurs. La fille du Président Lissouba a été beaucoup ovationnée, notamment quand elle a évoqué la réinhumation de son père dans son village natal, Tsinguidi, et s’est défendue que les violences de 1997, qui ont fait des milliers de victimes, soient attribuées à son père. Joseph Ouabari Mariotti, de son côté, est revenu sur le côté humaniste, le souci du travail bien fait et le développement du Congo qui a été estompé brutalement par les ‘’putschistes’’, avec la complicité des sociétés pétrolières. «Avant de nous condamner, il faut voir la misère dans laquelle le pays a été plongé par des irresponsables politiques qui détournent les deniers publics et qui foulent aux pieds les règles élémentaires de la démocratie», a lancé un ‘’combattant’’. L’ambassadeur Rodolphe Adada, qui a quitté le premier la cathédrale à la tête d’une forte délégation, a joué un rôle de diplomate, et de chef de famille. Selon plusieurs sources, il a été l’unique autorité politique et administrative à se rendre plus d’une fois à la résidence privée du professeur Pascal Lissouba, jusque dans sa chambre, pendant que les soi-disant camarades de Lissouba se préoccupaient d’autre chose. S’il est vrai que Rodolphe Adada a tenté de rattraper les choses, notamment en ouvrant les portes de l’ambassade pour le livre des condoléances et d’autres actions en direction de la famille, beaucoup de gens se posent encore la question de savoir pourquoi un deuil national, ne fût-ce que d’un jour, n’a pas été observé au Congo. A signaler qu’Emmanuel Macron avait envoyé son directeur de protocole signer le livre de condoléances à l’ambassade du Congo.

Une rentrée scolaire impactée par le coronavirus

Au cours d’une conférence-débat le 4 août dernier à Brazzaville, le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, Anatole Collinet Makosso, avait annoncé que la rentrée scolaire 2020-2021 aura lieu en octobre prochain. Mais beaucoup de gens se demandent si le rendez- vous sera tenu. A cause notamment de la pandémie de coronavirus dont le nombre de personnes contaminées et décédées va crescendo. En dépit des mesures prises par le Gouvernement congolais: état d’urgence sanitaire, couvre-feu, port obligatoire du masque, distanciation physique, limitation des regroupement de personnes, etc.

En tout cas, vu les couacs observés dans la gestion de cette pandémie, la pléthore des élèves et l’insuffisance des tables bancs, il ne serait pas étonnant que la rentrée scolaire soit reportée sine die.

Ghys Fortuné DOMBÉ BEMBA

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