
Le président Denis Sassou Nguesso a été réélu avec 94,90% des suffrages pour un cinquième mandat à l’issue de l’élection présidentielle du 15 mars, a annoncé la cour constitutionnelle du Congo-Brazzaville dans la nuit de samedi à dimanche.
M. Sassou Nguesso avait obtenu 94,82% des voix, à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, selon les résultats provisoires.
Le chef d’Etat âgé de 82 ans dirige d’une main de fer ce petit pays d’Afrique centrale riche en hydrocarbures depuis plus de 40 années cumulées. Sa réélection le maintient au pouvoir jusqu’en 2031.
« Ayant obtenu la majorité absolue des suffrages, Denis Sassou Nguesso est élu président avec 94,90% de suffrages, sur un taux de participation de 65,90% », a déclaré dans la nuit de samedi à dimanche Auguste Iloki, président de la cour constitutionnelle, au cours d’une audience publique où un correspondant de l’AFP était présent.
M. Sassou Nguesso a sillonné le pays durant la campagne électorale, appuyé par la machine de son mouvement, le Parti congolais du travail (PCT), inquiet d’une abstention annoncée comme massive par les observateurs.
Une faible affluence avait été constatée dans les bureaux de vote à Brazzaville, la capitale du pays, par des journalistes de l’AFP le jour du scrutin.
L’AFP n’avait pas été en mesure de déterminer l’affluence dans d’autres régions du pays en raison d’une coupure de réseau le jour du vote.
Internet avait déjà été coupé plusieurs jours lors de la présidentielle de 2021, qui avait vu la réélection de M. Sassou Nguesso avec 88,40% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle.
Près de trois millions d’électeurs inscrits étaient appelés aux urnes, selon les autorités.
L’opposition conteste systématiquement les scrutins remportés par M. Sassou Nguesso depuis 2002. Six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentaient face au président sortant.
Une requête introduite par le candidat Dave Mafoula, réclamant l’annulation de l’élection, a été rejetée par la cour constitutionnelle, a-t-elle annoncé.
Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin, n’estimant pas remplies les conditions d’une élection libre et transparente.
Deux figures de la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd’hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure » en 2018 et 2019;
M. Sassou Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, au temps du parti unique, avant de reconquérir le pouvoir par les armes en 1997, après quatre mois de guerre civile à Brazzaville.
La constitution empêche en principe M. Sassou Nguesso de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l’inévitable question de sa succession.
Il a affirmé à l’AFP qu’il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que le « tour » des jeunes « viendra », tout en refusant de se prononcer sur un éventuel successeur.
AFP
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